Lecture analytique d'un passage de la Curée
Lecture analytique d'un passage de la Curée
Lecture analytique de La Curée
1)Le passage de l'œuvre étudié se déroule au sein du chapitre II du roman, chapitre œuvrant à la compréhension de l'histoire grâce à un retour en arrière plaçant le lecteur à l'arrivée d'Artistide Saccard, père de Maxime et époux de Renée personnages présentés dans le premier chapitre, à Paris. Est alors décrite la progression sociale de Saccard au sein de l'élite parisienne grâce à notamment son frère. Il est à l'époque conjoint de sa première femme, Angèle, dont il a prévu de se débarrasser afin de gravir les échelons plus rapidement. Il se place dans un premier temps, par la bonne volonté de son frère, à l'hôtel de ville où il apprend les mœurs de la spéculation immobilière. C'est dans cette optique de grandes ambitions qu'il décrit lors d'un diner avec sa conjointe, alors proche de la mort, ses projets et les moyens qu'il compte mettre en œuvre pour arriver à ses fins.
2)Dans cet extrait, Saccard décrit les grands travaux qui s'annoncent et dont il a entendu parler lors de ses journées passées à l'hôtel de ville. Ces grands travaux ont en effet été réalisés par Haussmann lors du second Empire. L'allusion à la rue d'Anjou accroit cet aspect documentaire que présente le passage : « Et certains hôtels de la rue d'Anjou […] s'ils savaient qu'il ne leur reste que trois ou quatre ans à vivre. ». En effet, cette rue vit nombre de ses hôtels particuliers disparaître lors du percement des boulevards Haussmann et Malesherbes. D'autres prévision du personnages se révèlent également être véridiques : « on a coupé Paris en quatre ». Effectivement l'un des premiers aménagements de Paris par le baron Haussmann fut de diviser la capitale en quatre au niveau des Halles par le boulevard Sébastopol et la rue de Rivoli. Ainsi, à travers la folie des grandeurs de Saccard, Zola livre au lecteur une description détaillée des grands changements de Paris sous les travaux d'Haussmann.
3)L'extrait du roman dévoile la personnalité de Saccard et en outre sa volonté de réussir. Ce désir s'accompagne d'une bestialité couplée à une violence certaine qui traduit le lexique des lames : « tranchante », « coutelas ». Cette animosité est également renforcée par toutes les allusions à la guerre et à la mort, tel un conquérant sans pitié qui dévaste son adversaire : « une armée de pioches », « coups de sabre », « veines ouvertes ». Cet aspect sanglant du discours de Saccard renforce ce caractère violent et sans limite de sa volonté de réussir. Il considère alors la ville de Paris comme son ennemi, qu'il doit vaincre pour arriver à son but, une fortune rapide, il s'arme d'une cruauté sans limite face à la capitale et sa passion pour son rêve semble tourner à la folie lorsqu'à travers son discours il personnalise les rues et immeubles de la ville pour apporter une mort imagée de ceux-ci : « Paris, […] les veines ouvertes ». apparaît alors un Saccard fou et obsédé par son désir de réussite, ses gestes de la main, telle une arme qui découpe Paris renforce cette folie des grandeurs : « De sa main étendue […] comme un coutelas ». Mais il est également visionnaire car, comme expliqué dans la question précédente les plans qu'il dessine de sa main se révèlent être véridiques et les travaux se réalisent réellement. Cet aspect visionnaire rend également compte de sa précision et de sa méticulosité. En effet, les aspects des travaux qu'il décrit sont d'une telle précision, notamment avec les noms des rues et des boulevards : « du Temple », « de la Madeleine », « du Trône » …, que cela peut évoquer un plan de bataille, en accord avec l'image d'un conquérant dévoilée précédemment. Cette image de conquérant est appuyée par la référence à des « voies stratégiques » et des « forts » qui sont des constructions de défense de Paris. Ainsi, Aristide est transformé le temps de son discours, en un conquérant dont les armées de « cent mille terrassiers et maçons » s'apprêtent à ravager la ville ennemie, obstacle mais également alliée de sa richesse. Ce conquérant peut également paraître orgueilleux par sa conviction que sa victoire est assurée : « Oui, oui, j'ai bien dit, plus d'un quartier va fondre ». L'emploi du futur à valeur de prédiction renforce également cette facette orgueilleuse du personnage. Saccard est également avide, comme le montre l'image de la faim, qui transforme ces projets en une faim vorace et dévastatrice : « C'est bon pour mettre le public en appétit. ». On découvre donc à travers ce discours imagé et très descriptif la violence et l'avidité qui animent Saccard dans son désir de réussite mais il révèle également son côté méticuleux et visionnaire. Le fait de vouloir s'attaquer à une ville telle que Paris et s'opposer aux nombreux concurrents qui croiseront sa route, qu'il généralise au moyen d'un « on » général regroupant les spéculateurs immobiliers, fait également de lui un personnage courageux voir téméraire.
4)Le registre dominant est le registre épique, grâce à notamment les nombreux recours au lexique guerrier et militaire : « un coutelas », « une entaille », « haché à coups de sabre ». Ce registre fait parvenir au lecteur la sensation de grandeur du « petit homme qui se dresse contre ce géant couché à ses pieds » et lui transmet la violence des projets de Saccard. En effet, celui-ci, petit provincial nouvellement installé dans la capitale ose d'ores et déjà s'attaquer à cette ville « immense » alors qu'il ne possède encore aucun moyen concret de mettre son plan en application. Il se dresse contre cet ennemi qu'est Paris, et cela lui conférant une nuance de courage, que l'on peut relier au courage des héros épiques dans les épopées qui s'oppose à des forces plus fortes et plus puissantes qu'eux. La machine rénovatrice parisienne est également un ennemi de taille considérable, dont les nombreux projets promettent d'amener nombre de concurrents à son projet, mais cela ne semble pas l'inquiéter et il généralise les spéculateurs grâce à un pronom « on » à valeur indéfinie qui le place au sein des acteurs de la rénovation de Paris. Cela permet à Zola d'insuffler à son personnage une facette téméraire qui renforce ce registre épique.
1)Le passage de l'œuvre étudié se déroule au sein du chapitre II du roman, chapitre œuvrant à la compréhension de l'histoire grâce à un retour en arrière plaçant le lecteur à l'arrivée d'Artistide Saccard, père de Maxime et époux de Renée personnages présentés dans le premier chapitre, à Paris. Est alors décrite la progression sociale de Saccard au sein de l'élite parisienne grâce à notamment son frère. Il est à l'époque conjoint de sa première femme, Angèle, dont il a prévu de se débarrasser afin de gravir les échelons plus rapidement. Il se place dans un premier temps, par la bonne volonté de son frère, à l'hôtel de ville où il apprend les mœurs de la spéculation immobilière. C'est dans cette optique de grandes ambitions qu'il décrit lors d'un diner avec sa conjointe, alors proche de la mort, ses projets et les moyens qu'il compte mettre en œuvre pour arriver à ses fins.
2)Dans cet extrait, Saccard décrit les grands travaux qui s'annoncent et dont il a entendu parler lors de ses journées passées à l'hôtel de ville. Ces grands travaux ont en effet été réalisés par Haussmann lors du second Empire. L'allusion à la rue d'Anjou accroit cet aspect documentaire que présente le passage : « Et certains hôtels de la rue d'Anjou […] s'ils savaient qu'il ne leur reste que trois ou quatre ans à vivre. ». En effet, cette rue vit nombre de ses hôtels particuliers disparaître lors du percement des boulevards Haussmann et Malesherbes. D'autres prévision du personnages se révèlent également être véridiques : « on a coupé Paris en quatre ». Effectivement l'un des premiers aménagements de Paris par le baron Haussmann fut de diviser la capitale en quatre au niveau des Halles par le boulevard Sébastopol et la rue de Rivoli. Ainsi, à travers la folie des grandeurs de Saccard, Zola livre au lecteur une description détaillée des grands changements de Paris sous les travaux d'Haussmann.
3)L'extrait du roman dévoile la personnalité de Saccard et en outre sa volonté de réussir. Ce désir s'accompagne d'une bestialité couplée à une violence certaine qui traduit le lexique des lames : « tranchante », « coutelas ». Cette animosité est également renforcée par toutes les allusions à la guerre et à la mort, tel un conquérant sans pitié qui dévaste son adversaire : « une armée de pioches », « coups de sabre », « veines ouvertes ». Cet aspect sanglant du discours de Saccard renforce ce caractère violent et sans limite de sa volonté de réussir. Il considère alors la ville de Paris comme son ennemi, qu'il doit vaincre pour arriver à son but, une fortune rapide, il s'arme d'une cruauté sans limite face à la capitale et sa passion pour son rêve semble tourner à la folie lorsqu'à travers son discours il personnalise les rues et immeubles de la ville pour apporter une mort imagée de ceux-ci : « Paris, […] les veines ouvertes ». apparaît alors un Saccard fou et obsédé par son désir de réussite, ses gestes de la main, telle une arme qui découpe Paris renforce cette folie des grandeurs : « De sa main étendue […] comme un coutelas ». Mais il est également visionnaire car, comme expliqué dans la question précédente les plans qu'il dessine de sa main se révèlent être véridiques et les travaux se réalisent réellement. Cet aspect visionnaire rend également compte de sa précision et de sa méticulosité. En effet, les aspects des travaux qu'il décrit sont d'une telle précision, notamment avec les noms des rues et des boulevards : « du Temple », « de la Madeleine », « du Trône » …, que cela peut évoquer un plan de bataille, en accord avec l'image d'un conquérant dévoilée précédemment. Cette image de conquérant est appuyée par la référence à des « voies stratégiques » et des « forts » qui sont des constructions de défense de Paris. Ainsi, Aristide est transformé le temps de son discours, en un conquérant dont les armées de « cent mille terrassiers et maçons » s'apprêtent à ravager la ville ennemie, obstacle mais également alliée de sa richesse. Ce conquérant peut également paraître orgueilleux par sa conviction que sa victoire est assurée : « Oui, oui, j'ai bien dit, plus d'un quartier va fondre ». L'emploi du futur à valeur de prédiction renforce également cette facette orgueilleuse du personnage. Saccard est également avide, comme le montre l'image de la faim, qui transforme ces projets en une faim vorace et dévastatrice : « C'est bon pour mettre le public en appétit. ». On découvre donc à travers ce discours imagé et très descriptif la violence et l'avidité qui animent Saccard dans son désir de réussite mais il révèle également son côté méticuleux et visionnaire. Le fait de vouloir s'attaquer à une ville telle que Paris et s'opposer aux nombreux concurrents qui croiseront sa route, qu'il généralise au moyen d'un « on » général regroupant les spéculateurs immobiliers, fait également de lui un personnage courageux voir téméraire.
4)Le registre dominant est le registre épique, grâce à notamment les nombreux recours au lexique guerrier et militaire : « un coutelas », « une entaille », « haché à coups de sabre ». Ce registre fait parvenir au lecteur la sensation de grandeur du « petit homme qui se dresse contre ce géant couché à ses pieds » et lui transmet la violence des projets de Saccard. En effet, celui-ci, petit provincial nouvellement installé dans la capitale ose d'ores et déjà s'attaquer à cette ville « immense » alors qu'il ne possède encore aucun moyen concret de mettre son plan en application. Il se dresse contre cet ennemi qu'est Paris, et cela lui conférant une nuance de courage, que l'on peut relier au courage des héros épiques dans les épopées qui s'oppose à des forces plus fortes et plus puissantes qu'eux. La machine rénovatrice parisienne est également un ennemi de taille considérable, dont les nombreux projets promettent d'amener nombre de concurrents à son projet, mais cela ne semble pas l'inquiéter et il généralise les spéculateurs grâce à un pronom « on » à valeur indéfinie qui le place au sein des acteurs de la rénovation de Paris. Cela permet à Zola d'insuffler à son personnage une facette téméraire qui renforce ce registre épique.
Zzzap- Admin
- Messages: 45
Date d'inscription: 25/11/2008

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum





