La Curée, 2
La Curée, 2
Lecture Analytique 2
La Curée
1)L'extrait étudié conclut le chapitre de III de l'œuvre de Zola. La description de la progression sociale et financière de Saccard amène à la peinture des désirs et extravagances de Renée qui en découlent. La famille d'Aristide emménage alors dans un hôtel particulier du parc Monceau. Maxime, fils du désormais fortuné Saccard, se voit propulsé dans cette nouvelle vie par des fins une nouvelle fois financières, espérances de son père. Renée, alors en quête d'une jouissance extrême qui la fera quitter sa lassitude s'éprend alors du désir d'élever Maxime dans la société. Il devient alors un « homme-femme », lié à Renée par une relation très confidentielle, fondée sur le partage de ragots de la vie parisienne. L'ascendance de son mari permet alors à Renée, toujours en quête de ce désir qui terrassera l'ennui, de se faire inviter par le frère ministre de son conjoint, à un bal donné par l'empereur. L'extrait relate la découverte par Renée de ce nouveau monde, qui lui était jusqu'alors interdit.
2)Cette cérémonie ainsi que la procession de l'empereur provoque chez Renée de nombreux sentiments. Lors de son arrivée aux Tuileries, un sentiment d'embarras s'empare de la jeune femme, sans doute du à ce nouveau monde qui l'entoure pour la première fois, renforcé par un sentiment de solitude « lorsque son mari l'eut quittée ». Cependant, l'amour propre du personnage reprend le dessus, notamment grâce « aux glaces […] [qui] la rassurèrent vite ». D'autre part, l'atmosphère qui entoure Renée la plonge dans une sorte de rêve ou de vision étouffante plus exactement. Cela correspondrait à l'achèvement d'un de ses désirs, un de ses rêve qui devient alors réalité, sans pour autant quitter sa place dans les rêves, les mondes de l'imaginaire et du réel se rencontrant alors, créant une atmosphère confuse et quelque peu étouffante. En effet, en effet de trouble est marqué par l'allusion aux « murmures » et à la « cohue », tandis que « l'air chaud » emplit la salle et marque encore cette notion d'étouffement, ou de suffocation, bien que ce ne soit ici que dans un sens psychologique et symbolique, Renée n'étouffant pas réellement. Lorsque la procession de l'empereur débute, elle trouve celui-ci « petit, les jambes trop courtes, les reins flottants ». Cependant, malgré cette description peu flatteuse du chef d'état, la jeune femme reste « ravie », renforçant alors l'idée du rêve devenant réalité : rien ne peut venir entacher son rêve, pas même la piteuse description de l'empereur et de son acolyte le général. Cette cérémonie n'attire Renée que la présence de l'empereur, et ainsi de la gloire, ou du moins si ce n'est la gloire, la satisfaction de rencontrer la personnalité la plus importante de l'époque, celle ayant alors le plus de pouvoir. Cette idée est renforcée par le choix du narrateur de ne décrire les autres invités en rien si ce n'est par leurs « épaules » rangées en rangs « d'habits noirs », ne démarquant alors aucun des autres invités par rapport à l'empereur, plus amplement décrit dans sa parure jusque dans l'expression de son visage : « sous ses moustaches, sa bouche s'ouvrait, mollement ». Cette description du visage contribue également à la traduction de sa joie et de sa satisfaction. En effet, bien que l'empereur soit décrit avec le recours au lexique de la mort ou de la blessure, « visage blême », « œil mort », « nez […] osseux », elle le voit « beau ». Ainsi, Renée n'est plus objective dans ses sentiments par rapport à ce qu'elle voit, elle est toujours dans ce que l'on pourrait qualifier de pseudo-rêverie. La présence de l'empereur provoque également un certain gêne chez l'épouse de Saccard. En effet, Renée est dite « décontenancée » lors de l'approche du cortège impérial ce qui traduit l'impact de l'intérêt que lui porte le chef d'état sur l'esprit de la jeune femme. Mais cette sensation se transforme rapidement en une agréable joie lorsque le cortège tant attendu s'arrête devant elle et la complimente à voix basse. Puis, une fois le cortège passé, le flou réapparait marqué par le « flot », appuyant cette théorie d'une rêverie réalité, une vision ou une apparition. Cette reconnaissance par l'empereur lui est très agréable puisque le narrateur n'omet pas de préciser que Renée « revint souvent aux Tuileries ». Cependant il est aussi notifié que les sensations qu'elle a ressenti la première fois ne sont jamais égalées, cette idée est soulignée par la conclusion du chapitre et de l'extrait étudié : « C'était, pour elle, la note aiguë de sa vie ». Renée étant à la recherche du plaisir hors du commun tout au long du roman semble avoir trouvé ici une partie de celui-ci car il est dit que chaque fois que la richesse de son mari lui procure de la joie, elle ressent à nouveau cette fierté dont elle fut touchée lorsque l'empereur l'admirait. Ainsi on peut dire que Renée à travers cette cérémonie ressent une succession d'émotions et de sentiments qui place cette soirée dans une atmosphère irréelle et hors du commun qui présente les joies que peuvent apporter à la fois la réalité et le rêve.
3)Cet extrait du roman présente également une satire du second empire. En effet, les représentants de cet empire critiqué, soient l'empereur et son général, sont dépeints de manière satirique. Le général de l'empereur est dit « gros et court, qui soufflait comme s'il avait eu une digestion difficile ». Cette dernière image du général évoque peut être la gourmandise de celui-ci, renforcée par l'adjectif « gros ». D'autre part, la démarche de l'empereur, « d'un pas pénible et vacillant », peut refléter la volonté de Zola de faire transparaitre dans son roman l'instabilité du régime Bonapartiste. Cette image vacillante emplie d'insécurité est soulignée par la description du visage de l'empereur lui-même, comme vu dans la question précédente, utilisant le lexique de la mort et de la blessure pour marquer la faiblesse de ce personnage. Cet aspect cadavérique de l'empereur est également présent dans sa parure vestimentaire notamment grâce « l'écharpe rouge du grand cordon » qui est ici transformé métaphoriquement en « tache saignante qui semblait éclabousser toute la poitrine du prince ». L'image ainsi produite fait sans doute référence à l'aspect militaire de l'empire, peu développé, et donc très vulnérable aux attaques (il ne persistera d'ailleurs pas face à la guerre contre la Prusse). D'autre part, les activités festives de l'empereur et du gouvernement représenté ici par le général sont également dénoncées, car celles-ci semblent se répéter puisque Renée « revint souvent aux Tuileries ». De plus leur penchants pour les jolies femmes et leurs préoccupations qui en découlent révèlent l'aspect non sérieux de l'état que dévoile Zola. En effet, « leurs coups d'œil, […], glissaient dans leur corsage » et la volonté de l'empereur, appuyée par son général, symbolisant l'état militaire, de prendre Renée comme amante via notamment à la métaphore d'un œillet qu'il mettrait à sa boutonnière : « Sire, cet œillet la irait diantrement bien à nos boutonnières ». Ainsi, à travers cet extrait, Zola dévoile un empire oisif et distrait qui ne se préoccupe pas de son pays et qui semble être vulnérable.
La Curée
1)L'extrait étudié conclut le chapitre de III de l'œuvre de Zola. La description de la progression sociale et financière de Saccard amène à la peinture des désirs et extravagances de Renée qui en découlent. La famille d'Aristide emménage alors dans un hôtel particulier du parc Monceau. Maxime, fils du désormais fortuné Saccard, se voit propulsé dans cette nouvelle vie par des fins une nouvelle fois financières, espérances de son père. Renée, alors en quête d'une jouissance extrême qui la fera quitter sa lassitude s'éprend alors du désir d'élever Maxime dans la société. Il devient alors un « homme-femme », lié à Renée par une relation très confidentielle, fondée sur le partage de ragots de la vie parisienne. L'ascendance de son mari permet alors à Renée, toujours en quête de ce désir qui terrassera l'ennui, de se faire inviter par le frère ministre de son conjoint, à un bal donné par l'empereur. L'extrait relate la découverte par Renée de ce nouveau monde, qui lui était jusqu'alors interdit.
2)Cette cérémonie ainsi que la procession de l'empereur provoque chez Renée de nombreux sentiments. Lors de son arrivée aux Tuileries, un sentiment d'embarras s'empare de la jeune femme, sans doute du à ce nouveau monde qui l'entoure pour la première fois, renforcé par un sentiment de solitude « lorsque son mari l'eut quittée ». Cependant, l'amour propre du personnage reprend le dessus, notamment grâce « aux glaces […] [qui] la rassurèrent vite ». D'autre part, l'atmosphère qui entoure Renée la plonge dans une sorte de rêve ou de vision étouffante plus exactement. Cela correspondrait à l'achèvement d'un de ses désirs, un de ses rêve qui devient alors réalité, sans pour autant quitter sa place dans les rêves, les mondes de l'imaginaire et du réel se rencontrant alors, créant une atmosphère confuse et quelque peu étouffante. En effet, en effet de trouble est marqué par l'allusion aux « murmures » et à la « cohue », tandis que « l'air chaud » emplit la salle et marque encore cette notion d'étouffement, ou de suffocation, bien que ce ne soit ici que dans un sens psychologique et symbolique, Renée n'étouffant pas réellement. Lorsque la procession de l'empereur débute, elle trouve celui-ci « petit, les jambes trop courtes, les reins flottants ». Cependant, malgré cette description peu flatteuse du chef d'état, la jeune femme reste « ravie », renforçant alors l'idée du rêve devenant réalité : rien ne peut venir entacher son rêve, pas même la piteuse description de l'empereur et de son acolyte le général. Cette cérémonie n'attire Renée que la présence de l'empereur, et ainsi de la gloire, ou du moins si ce n'est la gloire, la satisfaction de rencontrer la personnalité la plus importante de l'époque, celle ayant alors le plus de pouvoir. Cette idée est renforcée par le choix du narrateur de ne décrire les autres invités en rien si ce n'est par leurs « épaules » rangées en rangs « d'habits noirs », ne démarquant alors aucun des autres invités par rapport à l'empereur, plus amplement décrit dans sa parure jusque dans l'expression de son visage : « sous ses moustaches, sa bouche s'ouvrait, mollement ». Cette description du visage contribue également à la traduction de sa joie et de sa satisfaction. En effet, bien que l'empereur soit décrit avec le recours au lexique de la mort ou de la blessure, « visage blême », « œil mort », « nez […] osseux », elle le voit « beau ». Ainsi, Renée n'est plus objective dans ses sentiments par rapport à ce qu'elle voit, elle est toujours dans ce que l'on pourrait qualifier de pseudo-rêverie. La présence de l'empereur provoque également un certain gêne chez l'épouse de Saccard. En effet, Renée est dite « décontenancée » lors de l'approche du cortège impérial ce qui traduit l'impact de l'intérêt que lui porte le chef d'état sur l'esprit de la jeune femme. Mais cette sensation se transforme rapidement en une agréable joie lorsque le cortège tant attendu s'arrête devant elle et la complimente à voix basse. Puis, une fois le cortège passé, le flou réapparait marqué par le « flot », appuyant cette théorie d'une rêverie réalité, une vision ou une apparition. Cette reconnaissance par l'empereur lui est très agréable puisque le narrateur n'omet pas de préciser que Renée « revint souvent aux Tuileries ». Cependant il est aussi notifié que les sensations qu'elle a ressenti la première fois ne sont jamais égalées, cette idée est soulignée par la conclusion du chapitre et de l'extrait étudié : « C'était, pour elle, la note aiguë de sa vie ». Renée étant à la recherche du plaisir hors du commun tout au long du roman semble avoir trouvé ici une partie de celui-ci car il est dit que chaque fois que la richesse de son mari lui procure de la joie, elle ressent à nouveau cette fierté dont elle fut touchée lorsque l'empereur l'admirait. Ainsi on peut dire que Renée à travers cette cérémonie ressent une succession d'émotions et de sentiments qui place cette soirée dans une atmosphère irréelle et hors du commun qui présente les joies que peuvent apporter à la fois la réalité et le rêve.
3)Cet extrait du roman présente également une satire du second empire. En effet, les représentants de cet empire critiqué, soient l'empereur et son général, sont dépeints de manière satirique. Le général de l'empereur est dit « gros et court, qui soufflait comme s'il avait eu une digestion difficile ». Cette dernière image du général évoque peut être la gourmandise de celui-ci, renforcée par l'adjectif « gros ». D'autre part, la démarche de l'empereur, « d'un pas pénible et vacillant », peut refléter la volonté de Zola de faire transparaitre dans son roman l'instabilité du régime Bonapartiste. Cette image vacillante emplie d'insécurité est soulignée par la description du visage de l'empereur lui-même, comme vu dans la question précédente, utilisant le lexique de la mort et de la blessure pour marquer la faiblesse de ce personnage. Cet aspect cadavérique de l'empereur est également présent dans sa parure vestimentaire notamment grâce « l'écharpe rouge du grand cordon » qui est ici transformé métaphoriquement en « tache saignante qui semblait éclabousser toute la poitrine du prince ». L'image ainsi produite fait sans doute référence à l'aspect militaire de l'empire, peu développé, et donc très vulnérable aux attaques (il ne persistera d'ailleurs pas face à la guerre contre la Prusse). D'autre part, les activités festives de l'empereur et du gouvernement représenté ici par le général sont également dénoncées, car celles-ci semblent se répéter puisque Renée « revint souvent aux Tuileries ». De plus leur penchants pour les jolies femmes et leurs préoccupations qui en découlent révèlent l'aspect non sérieux de l'état que dévoile Zola. En effet, « leurs coups d'œil, […], glissaient dans leur corsage » et la volonté de l'empereur, appuyée par son général, symbolisant l'état militaire, de prendre Renée comme amante via notamment à la métaphore d'un œillet qu'il mettrait à sa boutonnière : « Sire, cet œillet la irait diantrement bien à nos boutonnières ». Ainsi, à travers cet extrait, Zola dévoile un empire oisif et distrait qui ne se préoccupe pas de son pays et qui semble être vulnérable.
Zzzap- Admin
- Messages: 45
Date d'inscription: 25/11/2008

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum





